Le Père Noël : Les origines

Vous pensiez tout savoir sur Santa Claus ? Le mythe actuel est en-deçà de la réalité.

Vous pensiez tout savoir sur Santa Claus ? Le mythe actuel est en-deçà de la réalité.

 

Prélude

Enfant, mon paternel croyait au Père Noël, comme tous les enfants de moins de sept ans de l’époque. Hélas, le jour de la révélation sur l’inexistence du Père Noël fit tomber dans le terreau actif du jeune enfant le germe de ce qui deviendrait plus tard un athéisme redoutable. Et pourtant, déjà à l’époque les photos d’alors montraient que tout petit, comme beaucoup de jeunes enfants, le gamin qui devint une trentaine d’années plus tard mon père se méfiait du Père Noël sur les genoux duquel il était assis pour une photo. C’est ainsi que, bien après que la graine de l’athéisme ait germé, celle-ci se prit d’une jolie teinte rouge, or, blanche et verte en sa base, signe que Noël pour ses enfants rimerait avec contes de Noël, avec histoires drôles sur le papa Noël (le loup qui voulait manger le Père Noël, une histoire excellente pour vos enfants, si jamais vous la retrouviez), mais Niet de Père Noël. En tout cas pas de mensonge sur le Père Noël. Le Père Noël ce sont les parents m’assénait-il…
Sauf que plus tard… Au début du XXIe siècle, à la frontière Russo-Finlandaise…

Présentation

Père Noël : les Origines est un film finlandais de Jalmari Helander, donc encore une fois le genre de film qu’on ne trouve guère sur les chaînes classiques de la TNT. En réalité, ma connaissance de ce film date d’à peine hier soir, jour du réveillon de Noël 2013, en zappant sur les chaînes OCS (où il est donc disponible en vidéo à la demande si cela vous intéresse et que vous avez OCS). C’est un film sous-titré en français : du finlandais VOSTFR donc. Profitez-en car ce n’est pas tous les jours qu’à Noël on peut se vanter d’avoir vu un film finlandais en version originale sous-titrée. Mais baste, ce film n’est pas un film bourgeois, ni un film avec pleeeein d’action, ni un film intellectuel, ni un conte… C’est un film FINLANDAIS. Quand vous aurez comme moi l’expérience des films norvégiens, danois et finlandais disponibles en France, vous comprendrez qu’on ne parle pas exactement le même langage cinématographique au septentrion que dans tout le reste de l’Occident. Et même que sur le reste de la planète.

Critique

A la frontière Russo-Finlandaise, un village de Samis (un ancien peuple de ces contrées riantes aux longues nuits et aux hivers rudes à côtés desquelles ChâteauNoir semble être une destination du Club Med) vit essentiellement de la chasse aux rennes. Sauf qu’un jour, au lieu de tout un troupeau de rennes n’en reviennent que deux. La totalité du troupeau semble avoir été massacrée devant la frontière Russe… Des loups ? Une chose est sûre, ce troupeau de loups est passé par un trou de la clôture et doit certainement venir de la montagne de l’Oreille… Cette fameuse montagne soumise à des « recherches sismiques » par une entreprise américaine… En réalité il s’avère bien vite que cette montagne abriterait… Le tombeau du Père Noël.
Un jeune enfant du village finlandais, Pietari, est depuis tout petit convaincu que le Père Noël existe. Mais ce Père Noël que lui racontent les contes qu’il lit assidûment le soir dans sa chambre ne décrivent pas un Père Noël aussi débonnaire et prompt à faire des cadeaux aux enfants que le racontent les idiots du monde civilisé. Ce Père Noël serait une sorte de… Tyran du peuple Sami ? Démon ancestral ? Une chose est sûre. Les enfants pas sages vont passer un sale moment ! Santa Claus sait toujours si un enfant n’a pas été sage. Il le sait toujours.
Inutile de trop tourner autour du pot : ce film est une perle de Noël. Alors qu’il est courant de diffuser de sombres daubes les soirs de réveillon, des programmes vus chaque année depuis notre petite enfance à cette période, OCS a eu le culot de nous présenter enfin un Père Noël aux antipodes des clichés habituels. Un Père Noël gigantesque, avec deux énormes cornes de démon à la Illidan de Warcraft lui sortant du front. Ce Père Noël n’est pas une menace que pour le peuple Sami. Après avoir passé des siècles dans sa prison sous Terre (évidemment que non, il n’est pas mort), le Père Noël est de retour… Et a des fessées à distribuer, des garçonnets pas sages à faire bouillir et des martinets à huiler longuement. Gare aux garnements ! Et pour couronner le tout, son armée d’elfes de Noël à ses ordres rôde aux alentours, épiant les enfants…
Pourtant… Pourtant ! Il y a un happy end. Et cet happy end, mes amis, est le meilleur happy end jamais inventé autour du personnage du Père Noël.
Le film, du début à la fin,  est enrobé d’une grande couche d’humour finlandais, cet humour qu’on obtiendrait probablement si on croisait un congélateur avec un croque-mort ! Attention, humour décapant et phrases cultes garanties, le tout dans une ambiance aussi primesautière qu’un contrôle fiscal. Car oui, l’humour finlandais c’est à peu près cela.

Conclusion

Ce film est un GRAND film de Noël, n’écoutez pas les mauvaises langues de Télérama qui lui ont mis un seul de leurs fameux T, là où des comédies françaises bien plus consensuelles en décrochent deux. Télérama est un bien piètre oracle parfois.
Attention toutefois : le film est déconseillé aux moins de douze ans, et je vous saurais gré d’écouter ces recommandations, car bien que la violence présente n’y soit pas excessive, il y a de la bidoche bien sanguinolente d’étalée et des moment qui ont largement de quoi impressionner les plus jeunes. Mais si votre enfant a douze ans révolus, n’hésitez surtout pas ! Il est grand temps qu’il sache la vérité sur Santa Claus, cette vérité que le peuple Sami est le seul à connaître, cette vérité que les enfants du monde entier ont été sauvés du Père Noël par un enfant, quelques chasseurs et surtout de nombreuses caisses de dynamite !
Ce film est comme la bonne vodka : bien frappé.

 

C’est ça la magie de Noël ! Et une putain de bonne année !

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