Riddick

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Préambule

Les films de SF chez Hollywood, depuis quelques temps déjà… sont uniquement des repompes de films des années 70′, plus rarement des livres de SF des années 70′. Par envie de maximiser les profits et minimiser les risques. Le mieux c’est la repompe de films. Judge Dredd a été honteusement repompé par exemple, et les films de type guerre contre les aliens dans la plus pure inspiration « La guerre des Mondes » sont légion… Cela touche aussi les autres genres cinématographiques, remarquez, mais cette pauvreté intellectuelle et scénaristique est affligeante. Certains blockbusters repompent même des films récents peu connus de manière assez honteuse. Mais la série des Riddick (qui, si je ne m’abuse, prend racine dans un livre des années 70′.)  a un parcours atypique : d’abord films grand public avec gros moyens et Vin Diesel en tête d’affiche, le dernier volet a été privé du financement hollywoodien…par frilosité.

Présentation

Riddick est le troisième de trois films : Pitch Black et Les chroniques de Riddick sont les deux premiers. On suit les aventures d’un certain Riddick, une sorte d’humain venu d’une planète appelée Furia. Ses yeux reflètent la lumière à la façon des chats et l’obligent à porter des « lunettes de soleil » le jour.  Riddick est un Furien, le dernier de son espèce humanoïde venue de Furia. Et à ce titre, il est un tueur-né. A voir les cadavres qu’il laisse derrière lui, sa vélocité et sa résistance à la douleur, l’on sait qu’il n’est pas un humain. On sait aussi qu’il est unique. Et passablement recherché dans une galaxie divisée où les chasseurs de prime règnent en maîtres et où une armée de morts-vivants appelés « Necromongers » fait des ravages jusqu’à ce que Riddick, dans le précédent opus, les mette à sa botte dans des mares de sang.

Critique

Une main dépasse d’un tas de cailloux, un animal la renifle et se fait étrangler par ladite main. Riddick est vivant. Et il n’aime pas être pris pour mort même s’il a un trou de mémoire.
Il se retrouve perdu au beau milieu d’un désert hostile, rempli de bébêtes abominables, seul. Essayant de se soigner de ses blessures, il trouve un abri mais la tranquillité ne durera pas. Riddick a besoin d’un vaisseau, et tombe sur une balise de détresse qu’il active.
Les ennuis ne font que commencer. Les chasseurs de prime arrivent. Une tempête approche.
Le film se déroule dans une sorte de désert peu amical, Riddick, pourchassé par les mercenaires, se joue d’eux dans une sorte de jeu de poker macabre dont il semble connaître parfaitement le déroulement de bout en bout, même lorsque le hasard est censé jouer. Riddick est la principale suspension d’incrédulité à accepter : Riddick n’est pas humain, son intelligence n’est pas humaine, il est plus une bête parlante supra-intelligente qu’un être civilisé.
Contrairement à un film de traque classique du genre Alien, la bête traquée est le personnage principal du film de SF, et la peur des traqueurs est transformée en jubilation à chaque échec de ces derniers. La véritable question de Riddick n’est pas « est-ce que Riddick et les personnages attachants vont s’en tirer ? » mais « comment vont-ils s’en tirer ? ».
Le film est un excellent film de série B, et un très bon film de SF : les décors sont dépaysants et les créatures de la planète sont parfaitement crédibles et totalement exotiques, la mise en scène de l’histoire de la fuite de cette planète inhospitalière est efficace et le jeu de série B redonne clairement le cachet des séries B d’antan, avec une technique meilleure à l’image. On regarde Riddick pour ce qu’il est : un film très sympathique, qui ne casse pas trois pattes à un canard, qui ne prend pas la tête, qui dépayse efficacement avec un lieu et des créatures totalement extraterrestres. Peu d’acteurs mais suffisamment bons pour rendre crédibles les personnages de mercenaires, avec toutefois un bémol pour le second chef mercenaire arrivé sur place dont les motivations ne sont guère crédibles à cause d’un jeu un peu trop fade.
Malgré des passages de violence physique assez difficiles pour un jeune de moins de seize ans,  le film n’est pas clairement insoutenable. Beaucoup de sang, des passages violents, ça oui il y a, et ça ne  manque pas.  Ce n’est pas un film pour les gens sensibles.

 

Conclusion

Ce film est un bon film de série B et un bon film de SF : aux ambitions limitées, son scénario est limité également, mais la facture classique du film de série B rend ce film tout à fait bon : on n’est pas dans un Avatar, un La Guerre des Mondes, un Skyfall ou rien d’autre. Pas de message particulier. Ceci est une bonne histoire à regarder pour se distraire, et son ambition limitée le transforme en une bouffée d’air frais au cinéma là où les dernières sorties américaines font preuve de grandiloquence, d’autosatisfaction, et de tout un tas de prétentions insupportables pour des résultats inférieurs à de la série B. Les clichés y sont de plus en plus présents, jusque dans les bandes-annonce…
Riddick, sans ces prétentions,  sans ces prises de tête, sans son catastrophisme, sans son cynisme, ni ses rebondissements clichés… vaut beaucoup plus que la moyenne des films à grand spectacle de ces dernières années.

Parfois se divertir sans trop penser et s’évader durant une heure trente, ça a davantage d’intérêt qu’un énième film catastrophiste d’Hollywood.

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