Les aventures de Tom Bombadil

Ne vous fiez pas à la couverture : ceci n'est pas un addendum au Hobbit. N'en déplaise à Pocket, ceci est un échec critique au jet de perspicacité.

Ne vous fiez pas à la couverture : ceci n’est pas un addendum au Hobbit. N’en déplaise à Pocket, ceci est un échec critique au jet de perspicacité.

Préambule

Tolkien est plein de surprises pour les explorateurs débutants de la Terre du Milieu : Il sait faire de l’épique, du tragique, il sait faire rire, il sait faire du drame, il sait faire également de la poésie, eh oui.
Car ce que je propose de vous donner envie de lire c’est un recueil de poèmes de la main de Tolkien. Ce livre je l’ai découvert tardivement, en approfondissant mes connaissances en Tolkienologie. Par tardivement j’entends « à l’âge de 17 ans », ce qui relativise les choses, certes, certes… Reste que vous haïrez un jour aussi profondément que moi les choix d’illustration de Pocket, le jour où vous serez Tolkienologue reconnu. Car oui, cette illustration représente Bilbon, les Nains et un Corbeau au bout du voyage du Hobbit. Ils avaient déjà fait le coup avec le Silmarillon représentant Gandalf et le Balrog dans un passage du Seigneur des Anneaux.
Bref, oui, un jour vous les haïrez. Et si comme moi vous avez peu de moyens pour vous offrir de belles versions de Christian Bourgois, vous vous rabattrez sur les versions de poche et votre haine pour eux brûlera avec l’intensité d’un millier de soleils.

Présentation

Les aventures de Tom Bombadil sont un recueil bilingue (anglais/français) de poèmes ayant pour personnage presque exclusif Tom Bombadil, le personnage le plus énigmatique du Seigneur des Anneaux. Cliquez sur le lien « Tom Bombadil » plus haut pour apercevoir la page Wikipédia recensant les nombreuses hypothèses sur sa nature profonde, car oui, en plus d’être un gai luron, Tom Bombadil est une singularité dans la terre du milieu. Vivant dans la vieille forêt qui borde le Pays de Bouc, aux lisières de la Comté, on le croise l’espace d’un chapitre dans le Seigneur des Anneaux.
Au ton tantôt léger, badin, tantôt mélancolique, ces poèmes sont au nombre de seize, et prennent une centaine de pages au total. Etant donné qu’une page sur deux est en anglais et qu’il s’agit de poésie, cela se lit plutôt vite.

Critique

Je m’abstiendrai de faire une critique de poésie car je suis un ignare total en poésie, aussi bien française qu’étrangère. Toutefois notez que ces poésies n’ont rien d’une sorte de sous-poésie fantastique, la forme poétique semble effectivement bien maîtrisée et très travaillée.  Nous parlons de Tolkien tout de même. Cet homme était un littéraire complet, et un grand spécialiste de nombreuses langues, il travailla très tôt les sonorités pour forger de nouvelles langues. Bref, même en étant ignare en terme de poésie, je puis me douter qu’il ne s’agit pas d’un livre de moindre qualité. Au contraire, les sonorités charmantes de ces poèmes nous résonnent tant et si bien aux oreilles qu’elles paraissent presque être des chansons, nous donnant envie de les chanter ou de les réciter plus efficacement que ne le fit pour moi le meilleur des poèmes d’Apollinaire que je fus contraint de lire au lycée, car non je n’aime pas la poésie. Et pourtant je me plais à lire et relire les Aventures de Tom Bombadil.
Preuve s’il en est que l’écriture est travaillée et plaisante.
Comptez moins d’une heure pour lire juste la traduction en français.
Comptez entre une heure et deux selon votre maîtrise de l’anglais si vous lisez chaque page.
Mais ce livre ne se lit pas comme un roman. Strophe après strophe, il est plaisant de comparer la version anglaise avec la version française. Ou simplement rêver entre deux strophes… Libre à chacun de choisir son rythme. Si bien qu’un tel livre se déguste et se re-déguste à force de lire et relire. C’est le genre de livre à traîner sur le rebord de la cheminée du salon et à bouger de place avec son propriétaire, parfois jusqu’au parc.

Conclusion

Ce livre n’est qu’un livre de poésie, aussi ce n’est certainement pas le genre à vous apprendre de nouvelles choses sur la Terre du Milieu. Voyez plutôt cela comme un recueil de poèmes écrits à la lisière de la Vieille forêt, en compagnie de ce cher Tom Bombadillion…Et chantons tous ensemble avec Tom ! Chantons ! « Ohé Tom Bombadil ! Ohé ! Accourrez car nous sommes dans le besoin ! » Et écoutons le coeur de la forêt. Entendez-vous ceci ?  « Tom Bombadil est un gai luron ! Bleu vif est sa veste et ses bottes sont jaunes ! … »

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