Le Silmarillion : Histoires Mythiques de la Terre du Milieu

Vous avez survécu à la lecture du Hobbit puis du Seigneur des Anneaux ? Voici votre défi-maître en Tolkienologie.

Vous avez survécu à la lecture du Hobbit puis du Seigneur des Anneaux ? Voici votre défi-maître en Tolkienologie.

Préambule

A la découverte de la bande-annonce du second « Hobbit » (La désolation de Smaug) et de sa date de sortie, j’ai eu l’immense envie d’aller me consoler dans les bras de mon livre mythologique préféré. Etant jeune je lisais la mythologie grecque ou normande avec délectation : ces créatures fantastiques qui s’affrontaient à des héros sans peur ni reproche me firent rêver… Et pendant tout ce temps, je me languissais d’un jour lire le volume mystérieux appelé le Silmarillion dont mes parents m’avaient parlé et dit que je risquerais de trouver cela fastidieux à la lecture. Un jour je fis l’effort d’acheter une version de poche fort mal illustrée en couverture par le combat entre Gandalf et le Balrog. Rien à voir avec la choucroute.
Ce livre mythologique préféré, c’est bien évidemment ce Silmarillion qui est en image là, au-dessus. Non là l’image est celle d’une version illustrée avec grande classe, la version de poche est la plus simple à trouver alors cliquez.

Présentation

Ecrit par J.R.R. Tolkien et édité par son fils Christopher Tolkien, le Silmarillion n’est pas une seule histoire.  Ce n’est pas non plus un recueil de nouvelles. C’est simplement l’Histoire depuis les temps mythiques, depuis le Néant qui précédait tout, jusqu’à l’histoire du Troisième Âge qui s’achève avec le départ du dernier Elfe de la Terre du Milieu.
Dit comme ça, ça fait beaucoup. Fort heureusement il y a un fil conducteur : la tentation du pouvoir et notamment la tentation que représentaient les Silmarilli, les Joyaux les plus beaux jamais créés par Homme ni Elfe ni Valar. Commençant avec la création des Dieux (les Valar) par un Être Suprême (Eru Ilùvatar) et se terminant avec l’histoire résumée du Troisième Âge, la principale histoire reste celle des Silmarilli, ces trois joyaux reflétant la lueur des Aînés des Arbres et indirectement, celles de la Soleil et la Lune (n’oublions pas qu’en Langue Commune comme pour de nombreuses langues nordiques, Soleil est féminin).

Critique

On n’aborde pas un livre pareil comme on aborde un Seigneur des Anneaux ou A Song of Ice and Fire. Pour l’aborder, assurez-vous d’abord d’être un passionné de l’Univers de Tolkien, assurez-vous d’avoir entendu l’appel de la Mer et d’avoir vu les mouettes au bord du monde. Car ce livre n’est pas d’une lecture aisée. Le style littéraire est nettement plus proche du style des proses mythologiques que des romans du XXe siècle. Il s’agit plus d’un livre d’Histoire tel qu’on aurait bien aimé l’entendre au temps de notre enfance, au coin du feu, par un conteur grisonnant accompagné d’un ménestrel. Pour prendre une image adaptée, on imagine en fait bien Elrond le Semi-Elfe avoir écrit le Silmarillon et avoir conservé dans sa bibliothèque personnelle l’ouvrage, comme un témoignage du temps jadis, où la Terre était encore jeune, à l’intention du vieux Bilbon Sacquet, fort gourmand de récits d’un lointain passé.Ce n’est pas un livre qu’un adolescent de douze ans saurait lire. Un jeune très entré dans l’adolescence et très bon lecteur n’aura cependant pas trop de mal à le finir, pour peu qu’il soit intéressé. Mais avant tout ceci est un livre pour passionnés de la Terre du Milieu. Un livre pour les lecteurs égarés quelque part entre la mer occidentale et les terribles plaines de Gorgoroth. Un livre pour des lecteurs aimant s’égarer dans un monde trop grand pour eux. Ces personnes capables de s’intéresser à un livre si touffu, si dense, si complexe et si épique tout en étant si aride à lire, y trouveront tout leur compte. Comprendront certains aspects esquissés des histoires du Hobbit et du Seigneur des Anneaux. Verront l’esquisse de batailles terribles au fil des pages, trembleront d’effroi au récit de l’assaut des Dieux contre leur ancien frère déchu, Morgoth. Il est possible d’être captivé et définitivement conquis par les récits du Silmarillon, dont l’histoire de Beren et Luthien représente un des axes majeurs, tout comme il est très probable d’abandonner au bout d’une cinquantaine de pages, tellement l’écriture peut donner des difficultés à plonger la tête entière dans cet univers.

Conclusion

Lire le Silmarillion, c’est écouter la bande sonore d’un film sans tenir compte des images et de l’action qui vont avec : cela peut plaire à certains, dont les goûts en matière d’art se portent autant sur l’aspect global d’un univers que sur la toile de fond. Mais de nombreux lecteurs seront découragés par le manque de mise en forme général de la chose. Le Silmarillon est avant tout la toile de fond des grands succès de Tolkien, qui à la base, ne comptait pas publier une telle toile de fond, si peu adaptée à la commercialisation. Son fils Christopher la rendit publiable. Il n’en reste pas moins que ce n’est certainement pas le genre de livre que l’on lira par hasard. Il se lit parce qu’on veut tout savoir sur l’origine du monde dans lequel se passe l’histoire du Livre Rouge de la Marche de l’Ouest (Bilbo Le Hobbit et le Seigneur des Anneaux).

Si vous souhaitez absolument le lire et le comprendre : prenez des notes au fur et à mesure. Vous serez vite perdu sans cela.

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