Martiens, go home !

Les martiens : En vert et contre tous !

Les martiens : En vert et contre tous !

Préambule

La Science-Fiction c’est quand même un drôle d’univers littéraire… On écrit des histoires qui ne tiennent debout que par suspension d’incrédulité, sans quoi le livre s’effondrerait sous sa propre fantaisie, on écrit des histoires forcément sans être un écrivain de formation (Isaac Asmiov, le cas d’école du bon vieux scientifique des familles qui se met à faire de la SF) et ça n’empêche pas le succès. Et souvent dans les librairies de province, on retrouve les bouquins d’Heroïc-Fantasy dans la rubrique Science-Fiction, ce qui est un choix de classement assez surprenant quand on sait les différences entre les deux. Mais la science-fiction est un genre sérieux, avec ses grands auteurs, ses auteurs à pas cher et ses OVNI littéraires. Les premiers sont bons à lire quand on veut augmenter son score au geek test, les seconds sont distrayants l’espace d’un voyage en train et les troisièmes sont décidément les plus intéressants et les moins arides à lire. Martiens, go home fait partie de la troisième catégorie. Loin de Fondation, des chroniques de l’Anneau-Monde et du Monde du Fleuve, ce dernier type de livres de SF est aussi inventif et surprenant qu’accessible même aux gens peu branchés SF.

Présentation

« Et si les martiens étaient… » est le début de piste qu’un auteur de SF en manque de blé cherche sans guère d’espoir, après avoir divorcé d’avec sa femme. Dans le but de mener à bien enfin un livre de SF qui mettrait du beurre dans les épinards et qui contenterait son éditeur, notre héros s’enferme dans une cabane appartenant à un ami, dans le désert, loin de tout.
Et se demande « tiens, et si justement les martiens étaient… », au moment où il tient son idée, enfin l’inattendu se produit. Les martiens oui. Pas une invasion genre guerre des mondes, non. Ces martiens semblent plus tenir des lutins et autres farfadets interplanétaires que du conflit planétaire. Oubliez les luttes à mort, oubliez les E.T. gentillets, les martiens ont débarqué et n’ont pas envie de partir, juste de s’amuser et d’agacer, pour ne pas dire  emmerder, l’humanité entière.

Critique

Au risque de faire hurler des hordes de geeks enragés, je préfère largement un livre de SF du genre « les martiens s’invitent pour nous mater sous la douche » que du genre « voyons quel genre de situation pousserait un robot à faire mentir les trois lois de la Robotique ». Bien que les deux valent le coup, le plaisir du premier est décuplé si vous avez besoin d’un moment de délire littéraire. Ce livre en est un : les martiens sont tout sauf des martiens classiques de la littérature SF. On les croirait pour un peu sortis d’une blague de l’oncle préféré des enfants, et qui est généralement appelé Tonton Bourré, surtout entre le fromage et le dessert. Oui on a tous un tonton comme ça. Ne le niez pas.
Concernant le style, j’ai envie de dire qu’on s’en fiche totalement. La force de l’histoire présente ne tient pas dans la qualité littéraire mais dans l’audace de l’idée de départ, en bref elle ne dépare par les bibliothèques des geeks les plus exigeants. Les non-initiés à la SF la trouveront également plaisante et facile à lire et à comprendre. Vous avez un neveu, un cousin, un fils qui s’intéresse à la SF ? Fournissez-lui ce livre, il adorera. Vous avez un beau-frère rivé à l’ordinateur jour et nuit ? Essayez de l’attirer avec ce livre hors de la zone d’attraction gravitationnelle de son PC chéri. S’il vient, vous avez sauvé une vie sociale. Sinon, n’essayez pas de le tuer, vous ne pouvez tuer ce qui n’a déjà pas de vie.

Conclusion

Enfin un livre de science-fiction qui étonne  et fait rire sur un thème ultra-revu. L’invasion des martiens est tout sauf une invasion classique. En attendant de venir à bout de l’ouvrage, vous aurez parfois à moitié l’impression d’être dans une grande blague de Tonton Bourré. Décidément, inventer une histoire avec des martiens pareils, fallait oser.

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