Le Livre Rouge de la Marche : Bilbo le Hobbit

Vous ne trouverez plus cette image de couverture, ni cette édition nulle part en France ; elle est plus vieille que moi.

Vous ne trouverez plus cette image de couverture, ni cette édition nulle part en France ; elle est plus vieille que moi.

Préambule

En ces temps de diffusion du film tiré du livre et du livre du film issu du livre, il est grand temps pour les curieux de s’informer sur ce qu’est Bilbo le Hobbit. Car s’il est vrai que le film est censé rendre accessible le livre, ce n’est guère qu’un putain de mensonge ! Oui, carrément. Le Hobbit est un livre accessible à un gamin de 6e qui ne serait pas un lecteur acharné.
En fait le film a tendance à rendre l’histoire plus compliquée qu’elle n’est à l’origine. Le but étant de « faire le lien entre les deux films issus des deux livres ». Et au passage de ramasser un max de thunes des pauvres imbéciles qui comme moi iront voir les trois films racontant le Hobbit, tels des internautes accros aux différentes variations de leur meme favori, le nyan cat. Ils savent que c’est con, ils savent que les variations sont odieuses et blasphématrices à l’original, mais ils regarderont à fond tant qu’une part même infi(r)me de la variation garde un souvenir de l’original.

Présentation

Bilbo le Hobbit est avant tout une histoire écrite pour une lecture du soir, avec son enfant au chaud dans son lit, là où rien ne peut l’atteindre. D’ailleurs c’est au lit que mes parents m’ont lu cette histoire, alors que j’étais tout jeune… John Ronald Reuel Tolkien n’imaginait pas, lors de sa publication, que quelques années plus tard son éditeur lui réclamerait une suite, suite qui prit la forme d’un pavé et d’une oeuvre majeure de la littérature anglaise : le Seigneur des Anneaux.L’histoire peut se résumer ainsi : Bilbo Baggins est un hobbit adulte qui vit sa vie de Hobbit comme bon lui semble, guère préoccupé des tracas du monde extérieur, dans son trou de Hobbit. Un jour il rencontre un magicien qui n’était pas venu depuis longtemps dans sa Comté. Celui-ci l’entraîne bien malgré lui dans une aventure pour tuer un dragon et récupérer le trésor des Nains volé par Smaug le Fort, le Terrible, le Redoutable dragon. Dans un long voyage vers l’Est mystérieux, par de-là les monts embrumés, Bilbo et les treize Nains vivront des aventures inattendues, rencontreront un être magique mi-humain mi-animal, iront sur les aires d’Aigles majestueux, assisteront à une terrible bataille, pour qu’enfin le Dragon Smaug soit vaincu et les Nains puissent recouvrer leur trésor perdu sous la Montagne Solitaire de Smaug.
Mais ne perdons pas de temps, passons (pour ceux qui ont envie de lire) à l’étape suivante :

Critique

Soyons clairs : ce livre n’est guère un grand livre en comparaison du Seigneur des Anneaux. Mais c’est un très bon conte pour enfants et jeunes ados. Des aventures,  un magicien, treize Nains et un Hobbit en vivront. Ces aventures sont à la mesure des enfants : le désespoir n’y a jamais droit de cité, et même si la compagnie de cette aventure auront des moments de découragement profond, l’écriture ne laisse pas la noirceur de la situation envahir le coeur des lecteurs. Même au coeur de la noirceur du mal d’un autre âge, jamais l’on ne se prend à angoisser. On préfèrera s’amuser à se faire peur, juste ce qu’il faut. En réalité cette lecture ne nous lasse pas, si bien que seule la fatigue peut vraiment inciter à refermer le livre. La fatigue ou peut-être l’envie d’une lecture plus adulte tant le ton du conte est respecté, aussi pour savourer un tel roman, l’idéal est de le faire aux côtés d’un enfant d’une dizaine d’années (huit ans au plus jeune), en lui lisant. Le plaisir de la lecture est ici remplacé par le plaisir du conte, ce plaisir si particulier qui séduit les enfants à écouter le soir l’histoire d’Hansel et Gretel et les parents à la raconter, dans un moment de communion avec leur enfant. Si vous possédez la version illustrée par Alan Lee, double plaisir à la fois de l’image et de l’histoire pour vous !
Des Nains, l’on ne retiendra que le chef, Thorïn, et quelques-uns de ses compagnons : citons Kili et Fili, Balïn et Bombur. Mais sachez que leur nombre total est de treize, tous avec un nom : Kili, Fili, Oïn, Dwalïn, Gloïn, Balïn, Bifur, Bofur, Bombur, Dori, Nori Ori et Thorïn. Ajoutons à cela Bilbo et le magicien Gandalf  et vous obtenez quinze personnages récurrents : difficile de s’y retrouver, aussi une grande part des treize nains n’interviennent qu’occasionnellement, l’histoire se centrant sur Bilbo.
Au final ce livre tient plus du grand conte pour enfants que du livre destiné à la lecture solitaire des adultes. Néanmoins pour les curieux, l’histoire du Hobbit narrée dans ces pages est sans doute plus douce et plaisante que la version épique filmée par Peter Jackson dont la première partie est sortie il y a quelques mois et qui rend peu hommage à l’esprit du conte de Tolkien. Pour les amateurs de rêveries, de Tolkien et de contes, ce peut être une très bonne expérience. Mais avant tout ce livre vise le jeune public pour les lectures du soir.
Pour l’anecdote on regrettera que les rééditions du Hobbit, telle la version illustrée actuelle aient modifié certains noms propres, tels que Baggins en Bagsac et Oakenshield en Lécudechesnes, alors que d’autres traductions plus adaptées et exactes existaient depuis longtemps.

Conclusion

Bilbo le Hobbit n’est certes pas un ouvrage de littérature comparable au Seigneur des Anneaux, court, d’une ambiance légère mais aventureuse, rêveur, il plaira avant tout aux préadolescents et aux enfants, les uns le lisant pour la première fois d’eux-même, les autres se le faisant lire, raconter, page après page, se pressant de prendre leur temps à rêver. Vous me direz que je parle de mon expérience personnelle et vous aurez raison mais soyez-en certains,  Le Hobbit est bien un conte et à ce titre doit être lu comme tel, car écrit sciemment dans ce but. Idéal pour les moments de partage !

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