Le Livre Rouge de la Marche : Le Seigneur des Anneaux

Le Seigneur des Anneaux en VF chez Christian Bourgois

Le Seigneur des Anneaux en VF chez Christian Bourgois

Préambule

Il est de bon ton de dire qu’on connait le Seigneur des Anneaux… Ouais, évidemment, le magnifique film de Peter Jackson inspiré du roman de Tolkien, avec les elfes bonnasses, le nain Grincheux (ou Gimli, je ne sais plus…), le vieux qui poutre comme sur la couverture, le méchant à la conjonctivite, les batailles d’une demi-heure sur écran et les elfes à Fort Le.. Aaaaah !

Dieu j’ai cru défaillir !

Sachez-le, le Seigneur des Anneaux, ce n’est pas comme le film que presque tout le monde a vu. Globalement le film suit la trame générale du livre mais la seule véritable performance du film a été d’abreuver les Tolkiendili (les « amis de Tolkien », désignant les grands amateurs de la prose de cet auteur) en mon genre d’images somptueuses collant à l’Univers de Tolkien. Il a d’autres qualités évidemment, mais nous en parlerons quand j’aurai le courage de parler du film. Pour l’instant présentons le livre dont est tiré le film du livre (vous suivez ?).

Présentation

Le Seigneur des Anneaux a été écrit par John Ronald Reuel Tolkien et publié dans les années ’50 en Angleterre et seulement dans les années ’70 en France. Oui, habituez-vous, en France on est en retard sur Tolkien depuis le commencement. Ce livre présente, comme chacun le sait, les aventures de Frodon Sacquet, Semi-Homme de son état, et de ses compagnons d’infortune dans le but de détruire une relique des temps jadis et cause de nombreuses batailles : l’Anneau de Pouvoir contenant la force vitale d’un méchant qui travailla plus tard dans l’industrie alimentaire : William Sauron (enfin pour le prénom je ne suis plus sûr). L’histoire se passe dans la Terre du Milieu ou autrement dit le milieu des terres émergées au Troisième Âge de la Terre. Frodon et ses amis traversent au fil des pages la Terre du Milieu dans un long voyage désespéré pour détruire l’Unique Anneau. Durant leurs aventures, les compagnons de cette histoire aux accents de conte épique rencontrent des ennemis imprévus et des amis auxquels on ne se serait même pas attendus. Coup de bol pour les lecteurs assidus, dans ce livre, des aventures passées sous silence dans le long-métrage Jacksonien, il y en a. Des personnages inexistants dans le film, il en apparait aussi. Je ne m’étendrai pas sur l’histoire en long en large et en travers, vous la connaissez sans doute, et ce que vous ne connaissez peut-être pas doit rester tu si jamais vous aviez envie d’être surpris.

Critique

J’ai lu ce livre pour la première fois à l’âge de sept ans, ou plus exactement mes parents m’en firent la lecture chaque soir une année entière durant, à raison du maximum de pages par jour qu’un jeune enfant pouvait supporter, le tout accompagné des illustrations somptueuses d’Alan Lee (cliquez sur la couverture tout en haut pour l’acheter si vous êtes tentés d’avoir une édition illustrée), de John Howe, Ted Nasmith, et autres illustrateurs dont les travaux sont rassemblés dans des albums d’illustrations annexes que mes parents, en bons Tolkiendili, possédaient tout naturellement. Un an. Même en comptant Le Hobbit (le prélude au Seigneur des Anneaux), ça fait très long et très dur pour un gamin de sept ans. C’est pourquoi il vaut mieux le confier au minimum à des adolescents bien avancés, et pas des ignares… Le vocabulaire pourrait même en remontrer à des plus aguerris que moi. Comptez un bon mois si vous êtes un dévoreur de livres expert, plusieurs mois si vous préférez savourer la moindre page et rêver entre deux paragraphes, ou plus si vous êtes entrés dans l’âge béni de la presbytie.
En ce qui concerne la qualité du livre, de l’écriture, pas de surprises : vous ne serez jamais déçus par la qualité d’écriture du Professeur Tolkien. Cet homme voyez-vous, était un spécialiste mondialement reconnu des langues, et pas que de la langue anglaise. Toutefois certaines rééditions du livre-phare de Tolkien ont des coquilles et autres erreurs calamiteuses, voire des contresens dus à la traduction… Il ne saurait en être autrement dans un livre si épais. Pour l’anecdote, toutes les éditions en français partagent une même coquille quasi-indiscernable. A vous de la trouver.
Bref, trève de discussions typographiques, revenons au ressenti.
En termes de livres, soit on accroche soit on se noie dès les deux premières pages, mais pour ceux qui ont le plaisir d’accrocher, cela relève de la délectation…mais aussi de l’incertitude face à un univers si épais. Il y a beaucoup de noms propres à retenir, beaucoup de lieux nommés explicitement, et la carte n’est pas là pour faire joli. Contrairement à de nombreux ouvrages s’étant directement inspirés de Tolkien pour situer leur univers, la carte de la Terre du Milieu n’est pas une fantaisie inutile et permet de mieux comprendre les déplacements des personnages et rend concrets certains éléments de la description. Le Seigneur des Anneaux, cependant, a la bonne idée d’utiliser à la juste dose les personnages secondaires pour les refouler de la mémoire quelques temps après, leur rôle accompli. Quant aux personnages principaux, ils sont suivis séparément les uns des autres autant que possible et sur toute une étape de leur aventure. Ainsi le chemin de chacun est clairement séparé pour chaque grande étape du voyage (pour chaque tome donc, à part pour le premier tome, La Communauté de l’Anneau), ce qui peut paraître assez maladroit mais se justifie stylistiquement.

Conclusion

Certes je n’ai guère parlé de l’ambiance du livre. J’aurais ainsi pu parler de l’étrangeté de Gollum, suintant des pages au fil de l’histoire. J’aurais aussi pu parler de la tension permanente dans laquelle sont plongés les personnages. J’aurais aussi pu vous faire un cours philosophique sur le principe fondateur du livre qu’est l’eucatastrophe et sur le message que veut faire passer Tolkien au fil des pages. Mais au final, seule la lecture vous permettra de vous faire une opinion réelle sur cette grande histoire à côté de laquelle le film de Jackson semble presque décevant.
Et comme ce livre le mérite, terminons par les premiers mots du livre :

Trois anneaux pour les rois Elfes sous le ciel
Sept pour les seigneurs Nains dans leurs demeures de pierre
Neuf pour les hommes mortels destinés au trépas
Un pour le Seigneur Ténébreux sur son sombre trône
Au pays de Mordor, où s’étendent les ombres.
Un anneau pour les gouverner tous, un anneau pour les trouver
Un anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier
Au pays de Mordor où s’étendent les ombres.

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